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Grèce : Les nazis attaquent le squat Apertus

août 14, 2012

Source

Compte-rendu de la manifestation antifasciste à Agrinio

Une manifestation antifasciste a été appelé pour l’après-midi du 17 juillet 2012 par plusieurs groupes d’Agrinio, tels l’Assemblée contre le fascisme, le lieu autonome Auto-géré, le Collectif anarchiste du journal la “Guillotine”, le squat Apertus, tout comme le Zone Autonome – Youth Block – Fans antifascistes du club de football Panaitolikos et aussi le “gruppo de affinidad” de la ville d’Arta, le Rouleau antifasciste d’Arta et d’autres antifascistes des deux villes.

Les gens ont commencé à se rassembler tôt dans l’après-midi dans le parc principal d’Agrinio où les annonces des collectifs ont été lu avec un système audio. La manifestation antifasciste a commencé peu après 20h.

Environ 350 personnes ont participé à la marche de protestation. Des slogans contre le fascisme, le racisme et la répression ont été chanté et des textes, des tracts et d’autres distros ont été distribué aux passants. La manif a duré environ une heure et demi, passant par presque toute les rues du centre-ville.




Le squat Apertus attaqué par des fascistes

Dans la nuit du mardi 10 juillet, un peu avant minuit, le lieu social libre du squat Apertus a été attaqué avec un engin explosif-incendiaire, causant ainsi des dommages. Le feu s’est aussi déclaré dans le jardin du squat. Le lieu était vide à ce moment-là donc personne n’a été blessé. L’explosion a été entendue partout dans la zone d’Aghios Dimitrios. Les voisins ont couru au bâtiment, éteignant le feu et alertant immédiatement les gens de l’assemblée du squat.

Depuis déjà deux ans, le squat Apertus est un lieu de rencontre politique et de collectivisation, ayant pour but non seulement d’agir mais aussi de construire des structures de solidarité sociale et de communiquer à travers la ville. Par conséquent, en plus des événements politiques, des discussions, présentations de livres, projections, festivals collectifs, etc. dans le lieu du squat, nous avons aussi organisé des bazars gratuits, des pièces de théâtre, etc. dans d’autres parties de la ville. Notre préoccupation et but principaux restent notre interaction avec la communauté locale et ses luttes sociales.

Nous n’avons pas besoin d’avoir des connaissances en espionnage pour comprendre que cette attaque de gang ne peut provenir que des cercles de l’organisation néo-nazie Aube Dorée. Une organisation qui rampe comme un serpent dans le domaine social de la ville, versant son venin raciste dans son sillage et qui, avec son obsession nationaliste, tente de semer la mauvaise graine parmi les opprimés, alors qu’elle se tient en tant que réserve répressive informelle de l’État… Une organisation qui prétend être “anti-système”, “charitable”, “anti-mémorandum” dans une tentative de masquer son vrai rôle qui n’est rien d’autre que la gestion du capitalisme en crise. Donc, où les partisans d’Aube Dorée posent le pied, ils promettent à ceux qui sont prêts à les suivre qu’ils les aideront à régler leurs problèmes; qu’ils les aideront à trouver du travail (d’esclave), d’être en mesure d’aller faire des courses sans crainte, tel est leur discours… Dans la région d’Agrinio, ils font des promesses pour résoudre une bonne fois pour toute le “problème de la criminalité Rom”, envisageant en réalité un pogrom qui se réfère directement au fascisme d’Hitler. Alors qu’ils font la promotion de leur travail social et légitimant l’activité politique, derrière le décor ils poignardent des immigrants et ils placent des engins incendiaires dans des lieux auto-gérés. Ainsi à Agrinio, ce fait a été confirmé à la fois par l’attaque contre le squat Apertus et par l’attaque contre des Roms que les néo-nazis ont organisé à Panaitolio (tout près de la ville d’Agrinio). De cette façon ils ravivent un apartheid moderne, responsabilité qui est aussi portée par plusieurs médias de masse locaux qui ont depuis longtemps crée le climat approprié pour que tout ceci apparaisse.

Cependant les problèmes au sein des sociétés résultent de la nature du système capitaliste et les rapports sociaux qu’il met en place. Personne ne va avoir une aide totale en passant juste un “coup de fil à Aube Dorée”. Ces ordures d’Aube Dorée, qui aujourd’hui offrent généreusement leur aide, demanderont demain des récompenses comme le font les macs et les patrons. Après tout, leur idée d’établir des corps de patrouilleurs dans les quartiers sonne comme un très bon plan commercial. Nous exhortons la communauté locale à ne pas gober les mensonges de ces personnages hilarants qui forment le noyau local de cette organisation fasciste, de ne pas permettre que le museau des partisans d’Aube Dorée apparaissent dans la vie quotidienne des gens. Nous vous exhortons de tourner le dos à tout patron qui aspire aux intérêts sociaux.

L’historicité de la crise indique comment elle mène à une intensification de l’exploitation, à l’appauvrissement et la fascisation de la société. La sortie de la crise ne viendra ni de l’État, ni des créatures para-étatiques, ni des gangs criminels. Nos défenses contre la crise sont les relations d’aide et de soutien mutuels, l’auto-organisation, les structures sociales, la camaraderie et la solidarité. Et alors seulement nous pourrons nous tenir debout et préserver notre dignité.

Les “incidents gênants” (comme l’a péjorativement mentionné la presse bourgeoise locale), qui ont commencé avec les tentatives d’Aube Dorée de mettre un pied à terre à Agrinio, ne sont pas une “vendetta” entre quelques extrêmes. Ils résultent de l’histoire d’Agrinio… La société d’une ville qui a un long passé de combativité, de mémoires de luttes paysannes sanglantes, d’exécutions de masse et de pendaisons publiques, ne peut laisser les descendants des balances, des collabos et des Tsoliades allemands* aller prétendre être des sauveurs dans les rues, les allées et les champs.

Notre réponse est politique et provient directement du mouvement !
Qu’aucun ne recule !

Ni à Agrinio ni ailleurs.
Écrasons les fascistes dans les villes et les villages.

11 juillet 2012
Squat Apertus
70, rue Kalivion, Agrinio

*Les tsoliades furent les soldats d’un corps de l’armée grecque qui lors de l’occupation allemande (1943-1944) et du gouvernement collaborationniste a servi à réprimer la résistance.

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